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15/10/2016

PSAUME 38 : Ô Seigneur, que ta colère

1. Ô Seigneur, que ta colère, Se modère; Retiens ton juste courroux; Que ta fureur se retire, Ou j’expire, Sous la rigueur de tes coups.

2. Tes flèches, sur moi tirées,
Sont entrées
Jusqu’au-dedans de mes os;
Et ta main appesantie,
Me châtie,
Sans me laisser de repos.

3. Je n’ai plus ni chair, ni veine
Qui soit saine,
Dans l’état où tu m’as mis;
Et je vois qu’à ta vengeance
Mon offense
Trop justement m’a soumis.

4. Mon crime est si détestable,
Qu’il m’accable;
Un cuisant remords m’abat;
Et trop faible pour la peine
Qui me gène,
Je succombe en ce combat.

5. Mes blessures si cruelles,
Sont mortelles;
Nul ne les voit sans horreur;
Et je sens dans mon supplice
Ta justice,
Qui punie ma folle erreur.

PAUSE 1

6. Le mal, qui me fait la guerre,
Vers la terre
Courbe mon corps chancelant;
Chacun voit comme avec peine
Je me traîne,
Marchant d’un pas triste et lent.

7. Le feu brûlant, dont mes veines
Sont si pleines,
Me consume nuit et jour;
Et la source de ma vie
Est tarie,
Sans nul espoir de retour.

8. Mon mal n’est plus supportable.
Il m’accable,
Je n’ai plus nulle vigueur;
On me voit mourant et pâle,
Rien n’égale
Mon tourment et ma langueur.

9. Seigneur, tu sais mes alarmes,
Car mes larmes
Sont présentes à tes yeux;
Tu sais de quoi je te prie,
Quand je crie,
Sans que je m’explique mieux.

10. Mon cœur cède à la tristesse,
Qui me presse,
Mon corps languit tout perclus;
Mes yeux perdent leur lumière
Toute entière;
Mais, que dis-je ? Ils ne sont plus.

11. D’une manière inhumaine,
De ma peine
Mes amis se tiennent loin.
Je ne puis faire à mon plus proche
Le reproche,
Qu’il m’abandonne au besoin.

PAUSE 2

12. Les uns à ma mort s’attendent,
Et me tendent
Des pièges dans mon malheur;
D’autres des crimes supposent,
Qu’ils m’imposent,
Afin de m’ôter l’honneur.

13. Je garde avec patience,
Le silence;
Et de leur haine l’objet,
Je n’ouvre non plus ma bouche,
Qu’une souche;
Je suis et sourd et muet.

14. Je suis comme une statue
Abattue,
Sans vie et sans mouvement;
J’écoute leurs calomnies
Infinies,
Sans dire un mot seulement.

15. Mais, ô Dieu, Père propice,
Ta justice
Contre tous est mon recours;
Et puisqu’en toi seul j’espère,
Ma misère
Ne durera pas toujours.

16. Prends garde à ceux qui m’épient,
Et qui rient
De l’état où je me vois;
Sitôt que le pied me glisse,
Leur malice
Fait qu’ils se moquent de moi.

PAUSE 3

17. Dans ma faiblesse mortelle,
Je chancelle.
Prêt de tomber à tous coups;
Car devant les yeux, sans cesse,
Ma détresse
Me peint ton juste courroux.

18. Quand dans mon cœur je repasse,
La disgrâce,
Qui de ma faute est l’effet;
Je me hais, je me tourmente,
Et j’augmente
Le mal que je me suis fait.

19. Ceux de qui l’injuste haine,
Dans ma peine,
Trouve leur plus doux plaisir,
Sont heureux en toute chose;
Et rien n’ose,
S’opposer à leur désir.

20. Tous pour me nuire s’entendent,
Et me rendent
Toujours le mal pour le bien.
Et la haine qui les trouble,
Se redouble,
Plus je tâche à faire le bien.

21. Ô Dieu, montre moi ta face;
Que ta grâce
Me soutienne en tous mes maux;
Fais, Seigneur, que ta parole
Me console
Dans l’excès de mes travaux.

22. Tes tendresses paternelles
Des fidèles
Te font toujours prendre soin;
Hâte, ô Dieu, ton assistance;
Ma souffrance
L’implore en ce grand besoin.

(Psautier de Genève 1729)