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20/02/2013

PSAUME 105

Psautier de Genève de 1729

1. Venez, et du Seigneur, sans cesse,
Louez la force et la sagesse;
Que son grand nom, partout semé,
Soit aussi partout réclamé;
Qu’on fasse éclater, en tous lieux,
Le bruit de ses faits glorieux.

2. Qu’on s’assemble, qu’on psalmodie,
Qu’on le loue avec mélodie;
Que tout fidèle qui le craint,
Chante et triomphe en son nom saint;
Qu’enfin tout cœur reconnaissant
Soit joyeux, en le bénissant.

3. Que chacun cherche sa présence;
Qu’on vante sa magnificence;
Que ses hauts faits soient admirés,
Et ses oracles révérés.
Qu’on célèbre ses jugements,
Et qu’on craigne ses châtiments.

4. Vous, Israël, race immortelle
D’Abraham, son sujet fidèle;
De Jacob la postérité,
Son peuple élu par sa bonté,
Souvenez-vous que notre Dieu
Est le seul qui règne en tout lieu.

PAUSE 1

5. Ce Dieu, dont la grâce est immense,
Se souvient de son alliance;
Il la fit selon ses souhaits,
Pour la conserver à jamais;
Avec Abraham il traita
Les articles qu’il arrêta.

6. Pour Isaac elle fut jurée;
Depuis à Jacob assurée;
Ainsi l’on peut dire qu’elle est
Un ferme, un éternel arrêt,
Un traité saint et solennel
Du Seigneur avec Israël.

7. Je veux, dit-il, que d’âge en âge,
Canaan soit ton héritage;
Quoique faibles, quoiqu’étrangers,
Tes enfants, malgré les dangers,
Auront ce partage assuré,
Que ma main leur a préparé.

8. D’un pays à l’autre ils passèrent,
Divers climats ils traversèrent;
Et Dieu, qui les guidait toujours,
Les conserva par son secours.
Même, à cause d’eux quelquefois,
Il châtia de puissants rois.

PAUSE 2

9. Respectez, dit-il, mes prophètes,
Mes oints, mes sacrés interprètes.
Partout, il fit venir la faim,
Partout, on vit manquer le pain;
Mais aux siens sa bonté pourvut
D’un précurseur, qu’il leur élut.

10. C’est Joseph qu’une injuste rage
Vendit, et mit en esclavage;
Captif dans ses plus jeunes ans,
Chargé de fers durs et pesants;
Jusqu’au temps qu’il fut reconnu
Pour prophète, du ciel venu.

11. Quand la divine Providence
Eut éprouvé sa patience,
Le prince des Égyptiens
Envoya rompre ses liens;
Cet esclave de Dieu chéri
Devint du roi le favori.

12. De serviteur il le fit maître;
Pour tel il le fit reconnaître;
Et ses sujets, grands et petits,
Lui furent tous assujettis;
Seul il donnait instruction
Aux sages de la nation.

PAUSE 3

13. Alors Jacob fit son entrée
En Égypte, et dans la contrée
Que Cam à ses fils partagea.
C’est là qu’Israël se logea,
Et s’accrut si fort en bonheur,
Que l’Égypte même en eut peur.

14. Le temps vint, que Dieu juste et sage
Permit que d’une aveugle rage
L’Égyptien fût animé,
Contre Israël son bien-aimé,
Qu’il l’accablât de durs travaux,
Et lui fit souffrir mille maux.

15. Mais, pour punir cette entreprise,
Il envoie Aaron en Moïse;
Et ces deux zélés serviteurs,
Sur les cruels persécuteurs,
Par cent prodiges firent voir
L’effet d’un céleste pouvoir.

16. Dieu couvrit l’air d’épaisses ombres,
Plus que dans les nuits les plus sombres;
Moïse, au nom du Tout-Puissant,
Parle, et tout est obéissant.
En sang il change les ruisseaux;
Les poissons meurent dans les eaux.

PAUSE 4

17. Du sein du fleuve Dieu fit naître
Des grenouilles qu’on vit paraître,
Jusque dans les palais des rois.
Il dit, et soudain, à sa voix,
Par essaims on voit dans les airs,
Voler des moucherons divers.

18. Au lieu de pluie on voit la grêle,
Avec la foudre pêle-mêle,
Abattre vignes et figuiers,
Et leurs autres arbres fruitiers,
Les sauterelles, par monceaux,
Leur font mille dégâts nouveaux.

19. Leur herbe partout est rongée,
Et leur campagne ravagée;
Dans leurs maisons les premiers-nés;
Sont par un ange exterminés;
Rien n’échappe, tout fut détruit
Dans l’horreur d’une seule nuit.

20. De l’Égypte alors toute en larmes,
Les Hébreux sains et sans alarmes,
Sortent chargés de ses trésors,
Pendant qu’elle pleure ses morts.
Sa frayeur la fit consentir,
Sans regret, à les voir partir.

PAUSE 5

21. Pour leur couverture, une nue
De jour fut dans l’air étendue;
Par un feu qui luisait la nuit
Tout ce grand peuple fut conduit;
Et lorsqu’il voulut de la chair,
Il leur plut des oiseaux de l’air.

22. Dieu les nourrit d’un pain céleste,
Et quand, par une soif funeste,
Ils eurent des tourments nouveaux,
Du roc il fit sourdre les eaux;
Car il lui souvint du traité,
Avec Abraham arrêté.

23. Ainsi, tiré de l’esclavage,
Son peuple eut encore l’avantage,
Qu’après divers peuples défaits,
Il jouit d’une douce paix.
Enrichi des possessions
Et du travail des nations.

24. Mais il ne leur fit tant de grâces,
Qu’afin que suivant d’autres traces,
Et moins endurcis qu’autrefois,
Ils obéissent à sa voix.
Nous aussi, d’un vœu solennel,
Servons et louons l’Éternel.