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05/08/2013

PSAUME 88

Psautier de Genève de 1729

1. Mon Dieu, mon unique Sauveur,
Nuit et jour devant toi je crie;
Fais que mes vœux, quand je te prie,
Montent à toi par leur ferveur;
Daigne ton oreille me tendre,
Et mes tristes clameurs entendre.

2. Seigneur, tu me vois surmonté
Par les maux qui me font la guerre;
Entre les morts que l’on enterre
Déjà je puis être compté;
Abattu par un long orage,
Je perds la force et le courage.

3. On me laisse seul au besoin,
Pressé d’une douleur trop forte,
Et tel qu’une personne morte
Dont tu ne prends plus aucun soin,
Que ta main propre a retranchée,
Et dans le sépulcre couchée.

4. Hélas! Seigneur, tu m’as jeté
Dans des gouffres épouvantables;
Tes jugements si redoutables
Sur moi partout ont éclaté;
Ton courroux a couvert ma tête
De tous les flots de ta tempête.

5. Tu m’as privé de mes amis,
À qui je deviens exécrable,
Des mortels le plus misérable
Dans l’état triste où tu m’as mis,
Sans secours, sans nulle espérance
De jamais voir ma délivrance.

PAUSE

6. Mes yeux sont ternis de langueur;
Et tous les jours, devant ta face,
Tu me vois implorant ta grâce.
Hélas! attendras-tu, Seigneur,
À montrer ta force divine
Dans ceux sur qui la mort domine?

7. Verra-t-on du tombeau sortir
Les morts pour chanter tes merveilles?
Et tes louanges sans pareilles
Dans le sépulcre retentir?
Ta grâce et ta vertu reluire
Où la mort a pu tout détruire?

8. Voit-on que ta fidélité
Dans les ténèbres se publie?
Et sous la terre, où tout s’oublie,
Se souvient-on de ta bonté?
Mais pour moi, de toute mon âme,
Dès le matin te je réclame.

9. Pourquoi donc m’as-tu rejeté?
Pourquoi me cacher ton visage?
Je fonds en pleurs dès mon jeune âge,
En mille sortes tourmenté,
Accablé de douleurs cruelles,
Craignant tes menaces mortelles.

10. Tes fureurs ont passé sur moi;
Tes vengeances les plus terribles,
Comme des déluges horribles,
Nuit et jour m’ont rempli d’effroi;
Pressé des maux qui m’environnent,
Mon corps frémit, mes sens s’étonnent.

11. Ta colère éloigne de moi
L’ami que j’avais cru fidèle;
C’est vainement que je l’appelle
Dans le malheur où je me vois.
Hélas! au fort de ma détresse
On se retire, on me délaisse.