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15/01/2014

PSAUME 59

Psautier de Genève de 1729

1. Mon Dieu, l’ennemi m’environne;
Et si ton secours m’abandonne,
Si tu ne viens pas m’assister,
Je ne puis plus lui résister.
Délivre-moi d’un adversaire,
Qui n’a de plaisir qu’à mal faire;
Sauve-moi des cruelles mains
De ces meurtriers inhumains.

2. Les voilà qui partout me guettent;
Les plus puissants sur moi se jettent,
Sans que je me sois attiré
Le malheur qu’ils m’ont préparé.
Transportés de haine et d’envie,
Ils courent pour m’ôter la vie.
Vois-les, Seigneur; avance-toi,
Et viens camper entre eux et moi.

3. Toi, dis-je, grand Dieu des armées;
Toi dont nos tribus sont aimées,
Ouvre les yeux sur l’univers,
Et juge les peuples divers.
N’épargne pas dans ta colère,
Les méchants qui t’osent déplaire;
Ceux-ci que la fureur conduit,
Comme des chiens, hurlent la nuit.

4. Ils ne font que courir les rues,
Et mordre de leurs dents aiguës;
Car, disent-ils, quoi qu’il en soit,
Personne ne nous aperçoit.
Toi, qui les vois, qui les méprises,
Tu riras de leurs entreprises;
Et des peuples audacieux
Tu te moqueras à leurs yeux.

5. Leur force surpasse la mienne;
Mais qui peut égaler la tienne?
À toi seul j’aurai mon recours,
Et seul tu seras mon secours.
Mon Dieu, qui m’est toujours propice,
Préviendra leur noire malice,
Me fera voir mes ennemis
À mon gré vaincus et soumis.

PAUSE

6. Mais ne leur ôte pas la vie,
De peur qu’Israël ne l’oublie;
Pour exemple au peuple à venir,
Ne fais d’abord que les bannir.
Sois mon bouclier, ma défense;
Disperse-les par ta puissance;
Leurs horribles emportements
Ont provoqué tes jugements.

7. Confonds-les par leur orgueil même
Et par leur injustice extrême,
Par leurs souhaits, par leurs desseins,
Et par leurs serments faux et vains.
Que contre eux ton courroux s’allume,
Qu’enfin ta fureur les consume;
Mais les consume tellement
Qu’ils périssent entièrement.

8. Dieu de Jacob, fais-toi connaître
Pour le seul et souverain Maître;
Fais voir que tu règnes partout,
D’un bout du monde à l’autre bout.
On les reverra pleins d’audace,
Courir le soir de place en place,
Comme des chiens dont la fureur
Remplit tout de bruit et d’horreur.

9. Mais qu’une faim pressante et forte
Les chasse encor de porte en porte,
Et que, loin de se soulager,
Ils ne trouvent rien à manger.
Pour moi, d’une voix éclatante
Et d’une âme reconnaissante,
Je chanterai dès le matin,
Et dirai tes bontés sans fin.

10. Tu fus toujours dans ma souffrance
Ma retraite en ma délivrance;
Et je veux selon mon devoir
Célébrer ton divin pouvoir.
Tu fus toujours dans ma détresse
Ma haute tour, ma forteresse;
Tu fus dans mon adversité
Un Dieu pour moi plein de bonté.