Psaumes

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(psaumes chantés sur la même musique)

18/12/2014

PSAUME 20




2. Que ton offrande et tes services
Puissent plaire à ses yeux!
Qu’il fasse sur tes sacrifices
Tomber son feu des cieux!
Que par des succès salutaires,
Tels que tu les demandes,
Il rende heureuses tes affaires,
Et petites et grandes!

3. Dieu veuille exaucer tes prières;
Et notre camp joyeux
Déploiera toutes ses bannières,
En son nom glorieux.
Je le vois, ce Dieu favorable,
Qui montre au roi sa face;
Et qui, par sa main secourable,
Le sauve de disgrâce.

4. L’un en ses chars a confiance,
Et l’autre en ses chevaux;
Mais nous implorons ta puissance,
Seigneur, en tous nos maux.
Aussi, voyons-nous abolie
Leur vanité si fière,
Et notre force rétablie
En sa gloire première.

5. Ô grand Dieu, veuille nous défendre;
Seigneur, fais que le roi
Puisse au besoin nos cris entendre,
Et calmer notre effroi.
 
(Psautier de Genève 1729)

06/12/2014

PSAUME 19


2. Toutes les nations,
Par ces instructions,
Aux plus sauvages lieux,
Discernent bien le son,
Et la docte leçon,
Du langage des cieux.
Cette leçon s’apprend,
Ce langage s’entend,
Sur la terre et sur l’onde;
Surtout quand le soleil,
Sous ce dais sans pareil,
Vient se montrer au monde.

3. Tel qu’un nouvel époux,
Qu’on voit riant et doux,
Quand de sa chambre il sort;
Tel qu’un prince fameux,
Qui sur un char pompeux,
Paraît brillant et fort.
D’un jour à l’autre jour,
Du monde il fait le tour,
Tant il court juste et vite;
Cet astre glorieux
Ne voit rien sous les cieux
Qui sa chaleur évite.

4. La sage et juste loi
De notre divin roi
Ranime le mourant;
Et ses oracles saints,
Toujours clairs et certains,
Instruisent l’ignorant.
Que de ce Roi des rois
Les règlements sont droits!
Le cœur ils réjouissent;
Ses conseils précieux
Illuminent les yeux
De ceux qui les chérissent.

5. La crainte du Seigneur,
Assure leur bonheur
À perpétuité.
Tous ses commandements,
Et tous ses jugements
Sont remplis d’équité.
C’est un riche trésor,
Plus précieux que l’or
Qu’au creuset on affine;
Et le miel le plus doux
L’est beaucoup moins pour nous,
Que leur vertu divine.

6. Aussi ton serviteur,
Qui les porte en son cœur,
En est tout éclairé.
Tous ceux qui les suivront,
De ta main recevront
Un salaire assuré.
Mais qui peut se vanter
De connaître, ou compter,
Ses fautes d’ignorance ?
Mon Dieu, pour ces péchés,
À moi-même cachés,
J’implore ta clémence.

7. Que tous ces grands forfaits,
Qui par fierté sont faits,
Ne règnent point en moi;
Alors par ta bonté,
Dans mon intégrité,
Je vivrai sans effroi.
Ma bouche ne dira;
Mon cœur ne pensera;
Ma main ne pourra faire
Rien, ô Dieu, mon Sauveur,
Rien, ô mon Rédempteur,
Qui puisse te déplaire.

(Psautier de Genève 1729)

29/11/2014

PSAUME 144


2. Qu’est-ce que l’homme, en sa faiblesse extrême;
Qu’est-ce que l’homme, ô Majesté suprême,
Que ta bonté daigne s’en souvenir,
Et que ta main se plaise à le bénir!
L’homme, en effet, n’a qu’une courte vie,
À mille maux en tout temps asservie;
Ses plus beaux jours sont une ombre qui fuit,
Changés bientôt en une longue nuit.

3. Baisse les cieux; hâte-toi d’en descendre;
Frappe les monts, et réduis les en cendre.
Pour renverser tant d’ennemis divers.
Lance ta foudre, allume tes éclairs.
Tends-moi d’en-haut tes mains si secourables;
Retire-moi des torrents effroyables;
Délivre-moi d’un si pressant danger,
Et du pouvoir d’un cruel étranger.

PAUSE

4. Toujours la fraude est dans leur bouche impie,
Ils ont les mains pleines de perfidie;
Mais moi, Seigneur, ta sais que mille fois
Je t’ai loué des mains et de la voix.
C’est toi, mon Dieu, c’est toi, dont la puissance
Garde les rois, s’arme pour leur défense;
David, par elle, évite des méchants
Les noirs complots, et les glaives tranchants.

5. Fais donc qu’encore je résiste à la rage
D’un ennemi, qui m’insulte et m’outrage;
De qui le cœur est toujours infecté
Par le mensonge, et par l’impiété.
Que nos fils soient comme de jeunes plantes,
Fraîches toujours, et toujours florissantes;
Et qu’en beauté nos vierges soient aux yeux,
Des hauts piliers d’albâtre précieux.

6. Que de tes biens chaque maison soit pleine;
Que les troupeaux de nos bêtes à laine,
Par millions croissant de toutes parts,
Couvrent nos champs, et remplissent nos parcs.
Donne à nos bœufs et la force et la graisse;
Fais que jamais l’ennemi ne nous presse;
Que nul effroi ne trouble nos moissons,
Et ne nous force à quitter nos maisons.

7. Heureux le peuple, à qui Dieu, dès ce monde,
Donne une paix si douce et si profonde!
Heureux le peuple, en tout temps, en tout lieu,
Dont l’Éternel veut bien être le Dieu.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 18 sur la même musique.

PSAUME 18




2. Dans cet effroi, le Grand Dieu, que j’adore,
Prête l’oreille à ma voix qui l’implore,
Et de son trône écoutant mes soupirs,
Se laisse vaincre à mes justes désirs.
Soudain partout tremblèrent les campagnes;
On vit soudain les plus hautes montagnes
Frémir, crouler du faîte au fondement,
Tant son courroux se montra véhément.

3. De tous côtés s’étendait la fumée
Qui s’exhalait de sa bouche enflammée;
Il en sortait des charbons embrasés,
Qui consumaient tous les lieux opposés.
Le ciel s’abaisse, il y fait ouverture;
L’air sous ses pieds forme une nuit obscure;
Environné de chérubins volants,
Il est porté sur les ailes des vents.

PAUSE 1

5. Il se couvrait des plus épaisses nues,
Comme une tente autour de lui tendues,
D’où s’échappait une vive clarté,
Qui devant lui chassait l’obscurité.
Les feux ardents, la grêle, le tonnerre,
S’entrechoquant épouvantaient la terre;
Sa forte voix, qui roulait dans les airs,
Et devançait, et suivaient les éclairs.

5. Des ennemis les frayeurs furent grandes;
Dans un instant Dieu foudroya leurs bandes;
Par mille traits, coup après coup lancés,
Tous ces méchants se virent renversés.
D’un souffle alors ouvrant le sein de l’onde,
Il découvrit les fondements du monde.
Du haut des cieux sa main il me tendit,
Et hors des eaux sur le bord me rendit.

6. Il a détruit mes plus fiers adversaires,
Et dissipé tous les partis contraires;
Ses yeux perçants ont prévu mon danger,
Sa main puissante a su m’en dégager.
J’étais pressé; mais le Seigneur, qui m’aime,
M’a secouru dans mon angoisse extrême.
Dieu, de mes mains voyant la pureté,
Me rend aussi selon mon équité.

7. Il se souvient que, malgré mes disgrâces,
De ses sentiers je suis toujours les traces;
Qu’avec ardeur je m’attache à sa loi;
Que sa parole est l’objet de ma foi.
Toujours soumis à sa volonté sainte,
Je fuis le mal, je marche dans sa crainte;
Et le Seigneur, qui voit ma pureté,
Me rend enfin selon mon équité.

PAUSE 2

8. Grand Dieu, le juste éprouve ta justice,
À l’homme doux tu te montres propice,
Et pur au pur; mais l’inique obstiné,
À tes rigueurs se voit abandonné.
Les affligés jamais tu ne délaisses,
Des orgueilleux le sourcil tu rabaisses.
Tu m’as tiré de la nuit de mes maux,
Et ta lumière adoucit mes travaux.

9. Conduis par toi, je gagne les batailles;
Par ton secours, je force les murailles.
Ta providence est un guide assuré;
Et ta parole est de l’or épuré;
C’est le rempart, c’est la forte défense
De ceux qui n’ont qu’en lui leur espérance.
Quel Dieu semblable au nôtre peut se voir?
Et quelle force égale son pouvoir.

10. C’est l’Éternel qui soutient ma faiblesse,
Dans les chemins où sa clarté m’adresse;
Aux pieds des cerfs, les miens il rend égaux,
Et m’affermit sur les lieux les plus hauts.
De lui ma main tient son adresse exquise;
Par lui sans peine un arc d’acier je brise;
Il me protège en mon adversité,
Il me soulage en mon infirmité.

11. Tant de faveurs que sa bonté m’envoie,
Haussant mon rang, élargissent ma voie;
Il aplanit mon chemin sous mes pas;
Il m’affermit, je ne chancelle pas.
J’ai poursuivi, jusques à les atteindre,
Ces ennemis, qui se faisaient tant craindre;
Et par mes coups ces ennemis percés,
Malgré leur force, ont été terrassés.

PAUSE 3

12. Dieu me renforce au milieu des alarmes,
Et fait que tout plie enfin sous mes armes;
Il me fit voir le dos des ennemis,
Quand sa colère en fuite les eut mis.
Leurs cris alors jusqu’au ciel ils poussèrent;
Le ciel fut sourd aux cris qu’ils redoublèrent.
À grands ruisseaux partout leur sang coulait;
Comme la boue aux pieds on les foulait.

13. Dieu m’a sauvé des fureurs populaires;
Il m’a rendu les princes tributaires.
Pour m’honorer, les peuples inconnus
Du bout du monde à mes pieds sont venus.
Mille étrangers, dissimulant leur crainte,
M’ont révéré, seulement par contrainte;
Les rois voisins, redoutant mes efforts,
Malgré leur garde, ont tremblé dans leurs forts.

14. Loué soit donc le Seigneur plein de gloire,
Le Dieu vivant, l’Auteur de ma victoire;
Par qui je vois mes outrages vengés,
Par qui sous moi les peuples sont rangés,
Quand les plus grands contre moi se soulèvent,
Au-dessus d’eux ses fortes mains m’élèvent;
Des orgueilleux il prévient le dessein,
Que pour me perdre ils couvaient dans leur sein.

15. Aussi toujours jusqu’aux climats étranges
Ma voix, Seigneur, portera tes louanges.
Je bénis Dieu, qui pour son roi fait voir
Les hauts effets d’un merveilleux pourvoir,
Il a sauvé, par sa faveur immense,
David son oint, l’objet de sa clémence;
Et pour jamais ce Dieu de vérité
Sera le Dieu de sa postérité.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 144 sur la même musique.