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03/12/2016

PSAUME 69 : Accorde-moi, Seigneur, un prompt secours

1. Accorde-moi, Seigneur, un prompt secours; Viens délivrer celui qui te réclame; Couvert de flots, et près de rendre l’âme, Dans le limon je m’enfonce toujours. L’onde m’emporte; et déjà faible et las, Je perds haleine à force de me plaindre; À mon secours, Seigneur, tu ne viens pas, La voix me manque et mes yeux vont s’éteindre.

2. Plus d’ennemis me poursuivent à tort
Que de cheveux ne croissent sur ma tête;
Ceux dont la main à ma perte s’apprête,
Pour m’accabler ont un nouveau renfort;
Je souffre, hélas! sans l’avoir mérité.
Toi, qui vois tout, tu connais mon offense,
Tu sais, grand Dieu, si j’ai rien attenté
Qui dût ainsi m’attirer leur vengeance.

3. Dieu tout-puissant, regarde mon ennui;
Ne permets pas que mon malheur extrême
Trouble tes saints en m’accablant moi-même,
Qu’on soit confus en cherchant ton appui.
Dieu d’Israël, quand on t’a réclamé,
Ne permets pas qu’on souffre un tel outrage;
C’est pour toi seul que je suis diffamé;
Pour toi, la honte a couvert mon visage.

PAUSE 1

4. Ceux de mon sang m’ont traité d’étranger;
J’ai paru tel aux enfants de ma mère,
Lorsqu’on a vu dans toute ma misère,
De ta maison le zèle me ronger.
Quand les pervers ont parlé contre toi,
C’est sur mon front qu’en est tombé le blâme;
J’en ai pleuré, jeûné, mon Dieu, mon Roi,
Mais ma douleur n’a pu toucher leur âme.

5. Je m’affligeais en cent et cent façons,
Vêtu d’un sac, et la cendre au visage;
Les grands n’ont fait qu’en rire davantage,
Et les buveurs m’ont mis dans leurs chansons.
C’est donc à toi, mon Dieu, que j’ai recours;
J’attends ton heure, et le péril me presse;
Fais-moi sentir l’effet de ton secours,
Viens, Seigneur, viens dégager ta promesse.

6. Arrache-moi de ce bourbier profond,
Romps les efforts de ceux qui me haïssent,
Retire-moi de ces eaux qui grossissent,
Elles n’ont plus ni rivage, ni fond.
Empêche, ô Dieu, que l’onde où je me vois,
Ne me surmonte, et qu’au gouffre je n’entre;
On le verrait se refermer sur moi,
Et dans ces eaux m’engloutir jusqu’au centre.

7. Par la grandeur de tes compassions,
Daigne en ce jour écouter mes demandes;
Répands sur moi tes grâces les plus grandes,
Et me soutiens dans me afflictions.
Ne cache plus la clarté de tes yeux
À l’innocent que tu vois en détresse;
Mais hâte-toi d’ouïr du haut des cieux
Les vœux ardents que sa douleur t’adresse.

PAUSE 2

8. Viens à mon aide en cette extrémité,
Soutiens mon âme et rachète ma vie,
Garantis-moi de la main ennemie,
Et remets-moi en pleine liberté.
Tu vois l’état où leur fureur m’a mis,
Mes maux divers, ma honte, ma souffrance;
Tu les connais ces cruels ennemis,
Ce qu’ils me font se passe en ta présence.

9. Ce grand opprobre a déchiré mon cœur;
En vain j’attends qu’un ami me console;
Un seul jamais d’une seule parole
N’a de ma peine adouci la rigueur.
De ces méchants qui veulent mon trépas,
Jusqu’à la fin j’ai la rage éprouvée,
Ils m’ont donné du fiel en mon repas,
Et de vinaigre ont ma soif abreuvée.

10. Fais qu’à leur tour, les festins qu’ils feront
Soient un poison qui leur vie extermine;
Fais-leur tourner en mortelle ruine
Et le repos et les plaisirs qu’ils ont;
Pour étouffer leurs discours insolents,
Plonge leurs yeux dans une nuit profonde;
Fais que leurs reins soient toujours chancelants,
Que ton courroux les perde et les confonde.

PAUSE 3

11. Répands sur eux ton indignation;
Qu’ils soient livrés à ta juste vengeance;
Qu’en leur palais où régnait l’abondance,
Ce ne soit plus que désolation.
Car d’insulter le fidèle aux abois,
Ces inhumains n’eurent jamais de honte;
Et si ta main le frappe quelquefois,
Loin de le plaindre ils en vont faire un conte.

12. Mets mal sur mal, pour punir leur péché,
Et que pour eux ta bonté soit tarie;
Ôte leur nom de ton livre de vie,
Qu’avec les bons il n’y soit point couché;
Moi je m’assure, en mes plus grands ennuis,
Que tu seras ma force et ma retraite;
Aussi ma bouche, et les jours et les nuits,
Célébrera ta louange parfaite.

13. Mes hymnes saints plairont à l’Eternel
Mille fois mieux que taureaux ni génisses;
Les bons aussi pour de tels sacrifices
Me répondront dans un chant solennel.
La joie alors dans nos cœurs renaîtra,
Car l’Éternel prend soin des misérables;
Du haut du ciel toujours il entendra
De ses captifs les plaintes lamentables.

14. Vous, terre et cieux, publiez ses bontés;
Mer et poissons, célébrez sa puissance;
Car de Sion sa main prend la défense,
Et de Juda rebâtit les cités;
Là se verront les élus du Seigneur,
Eux et leurs fils, prospérer d’âge en âge;
Tous ceux enfin qui cherchent son honneur
Posséderont la terre en héritage.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 51 avec la même musique.

19/11/2016

PSAUME 52 : Fier ennemi, qui te confies

1. Fier ennemi, qui te confies En ta prospérité, Faut-il que tu te glorifies De ta malignité? Mon Dieu m’aime, et de son secours Rien n’arrête le cours.

2. Ta langue, qui médit sans cesse,
Et qui sans cesse ment,
Est comme un fer trompeur, qui blesse,
S’il touche seulement;
Ton cœur aime la fausseté,
Il est sans équité.

3. Les entretiens qui peuvent nuire
Sont ceux où tu te plais;
Aussi le Seigneur va détruire
Ta maison pour jamais;
Du monde où tu t’es attaché,
Tu seras arraché.

4. Comme un arbre qu’on déracine,
Dieu te renversera;
Épouvanté de ta ruine,
Le juste tremblera,
Sans qu’il plaigne, en voyant ta mort,
La rigueur de ton sort.

5. Ce grand, dira-t-il, loin de prendre
L’Eternel pour soutien,
Faisait uniquement dépendre
Son bonheur de son bien;
Sa malignité, son orgueil,
Le mènent au cercueil.

6. Mais moi, grand Dieu, qui ne me fonde
Qu’en ta seule bonté,
On me verra, malgré le monde,
Dans ta maison planté,
Tel qu’un olivier verdissant,
Qu’on voit toujours croissant.

7. C’est-là, Seigneur, qu’en ta présence,
Je te célébrerai;
À l’ombre de ta providence
Je me reposerai;
Car les fidèles chaque jour,
Éprouvent ton amour.

(Psautier de Genève 1729)

12/11/2016

PSAUME 51 : Miséricorde et grâce, ô Dieu des cieux

1. Miséricorde et grâce, ô Dieu des cieux! Un grand pécheur implore ta clémence; Use en ce jour de ta douceur immense Pour effacer mes crimes odieux.  Ô Seigneur, lave et relave avec soin, De mon péché la tache si profonde; Répands sur moi dans ce pressant besoin Toute la grâce où mon espoir se fonde.

2. Mon cœur, rempli de tristesse et d’effroi,
Connaît sa faute et sent qu’elle est énorme;
Mon crime, hélas! sous sa plus laide forme,
Me suit partout, et partout je le vois.
J’ai contre toi commis ce grand forfait;
C’est à toi seul à punir mon offense;
Tu peux le faire, et quand tu l’auras fait,
Tu paraîtras juste dans ta vengeance.

3. Je le sais trop, et je l’ai toujours su,
J’étais souillé, même avant que de naître;
Hélas! Seigneur, j’ai commencé de l’être
Dès qu’en son sein ma mère m’a conçu;
Mais toi, grand Dieu, qui n’es que sainteté,
Tu veux des cœurs où règne l’innocence;
Et tu m’avais, par ta grande bonté,
De tes secrets donné la connaissance.

4. Avec l’hysope arrose-moi, Seigneur;
Lave mon âme, efface sa souillure;
Tu te plairas à la voir ainsi pure,
Et l’emporter sur la neige en blancheur.
Je sens mes os brisés par ton courroux;
Parle de paix à mon cœur qui t’en prie;
Je suis guéri, Seigneur, si tu m’absous,
Et ton salut va me rendre la vie.

PAUSE


5. N’arrête plus tes yeux sur mes forfaits,
Ils ne pourraient qu’enflammer ta colère;
Oublie, ô Dieu, pour finir ma misère,
Ce crime atroce, et tous ceux que j’ai faits.
Daigne, Seigneur, daigne créer en moi
Un esprit pur, un cœur brûlant de zèle;
Pour ranimer et raffermir ma foi,
Que ton Esprit en moi se renouvelle.

6. Trop loin de toi je me vois reculé;
Guéris les maux qui font que je soupire.
Que ton Esprit jamais ne se retire,
Quand tu l’auras en moi renouvelé.
Mon Dieu, rends-moi ta consolation,
Elle peut seule adoucir ma tristesse;
Que ton Esprit, dans cette affliction,
Par sa vertu soutienne ma faiblesse.

7. Alors, Seigneur, rentré dans tes sentiers,
Aux égarés je les ferai reprendre;
À mon exemple, on les verra s’y rendre,
Et revenir à toi plus volontiers.
Dieu mon Sauveur, tout-puissant et tout bon,
Le sang versé te demande vengeance;
Mais si de toi j’en obtiens le pardon,
Je publierai ta grâce et ta clémence.

8. Ouvre, Seigneur, mes lèvres désormais,
Que mes frayeurs ont si longtemps fermées;
Et par mes chants tes louanges semées
Vont en tous lieux retentir à jamais.
Si tu voulais que, pour de tels péchés,
En holocauste on t’offrit des victimes,
J’en eusse offert; mais des cœurs si tachés
Le sang des boucs n’efface pas les crimes.

9. Le sacrifice agréable à tes yeux,
C’est le regret d’une âme pénitente;
Un cœur brisé d’une douleur pressante;
Celui-là seul, grand Dieu, t’est précieux.
Témoigne encore à Sion ta bonté;
Protège, ô Dieu, conserve et fortifie
Jérusalem, ta fidèle cité;
Hausse ses murs et ses tours r’édifie.

10. Alors, Seigneur, nos cœurs mieux disposés
Seront pour toi d’agréables offrandes,
Et les taureaux, comme tu le commandes,
Sur ton autel par nous seront posés.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 69 avec la même musique.

05/11/2016

PSAUME 82 : Dieu parmi les juges préside

1. Dieu parmi les juges préside, Et voit comme chacun décide; Assis au milieu de ces dieux, Il pénètre tout de ses yeux. Pourquoi donc, ô juges iniques, Cherchez-vous des sentiers obliques, Traitant le juste avec rigueur, Et le méchant avec faveur?

2. Rendez à chacun la justice;
Au pauvre, qu’on voit sans malice;
À l’orphelin, s’il est foulé;
Au faible, s’il est accablé.
Écoutez l’affligé qui prie,
L’innocent qui souffre et qui crie;
Retirez-les d’entre les mains
De leurs oppresseurs inhumains.

3. Mais pourquoi cette remontrance
À des gens sans intelligence,
Et qui marchent aveuglément
Dans ce commun dérèglement?
Je l’ai dit, on vous doit hommage;
Vous êtes dieux, de Dieu l’image,
Les enfants du Dieu souverain
Qui vous mit son pouvoir en main.

4. Mais étant nés ce que nous sommes,
Vous mourrez comme d’autres hommes;
Un jour, grands, vous passerez tous,
Vous mourrez de même que nous.
Ô Dieu, prends en main le tonnerre;
Viens toi-même juger la terre;
C’est à toi seul qu’elle appartient,
Avec tout ce qu’elle contient.

(Psautier de Genève 1729)

Psaume 46 avec la même musique.