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22/02/2013

PSAUME 107

Psautier de Genève de 1729

1.Qu’en tout temps on bénisse
Dieu qu’on voit si clément,
Car sa bonté propice
Dure éternellement.
Que ceux qu’il a tirés
D’une rude souffrance,
Se voyant délivrés,
Vantent sa grâce immense.

2. C’est lui qui les ramasse
D’orient, d’occident,
Du nord rempli de glace,
Et du midi brûlant.
S’ils vont dans le désert
Aride et sans culture,
N’ayant point de couvert,
Errants à l’aventure;

3. Si la faim les tourmente
Par son âpre rigueur,
Ou si la soif ardente
Consume leur vigueur;
Pourvu qu’en ce besoin
Leurs vœux à Dieu s’adressent,
Il éloigne avec soin
Tous les maux qui les pressent.

4. Par les routes fidèles
Qu’il leur a fait trouver,
Aux villes les plus belles
On les voit arriver,
Qu’ils aillent donc chantant
Ses divines merveilles,
Et partout racontant
Ses bontés sans pareilles.

PAUSE 1

5. Le pauvre il rassasie,
Qui de faim languissait;
Il ranime la vie,
Qui de soif périssait.
Ceux qui sont enchaînés
Dans les prisons obscures,
Près d’être abandonnés
Aux peines les plus dures;

6. Qui par un vain caprice,
Ont méprisé sa voix,
Ou qui, par leur malice,
Ont violé ses lois;
Quand leurs maux redoublés
Abattent leur courage,
Et qu’ils sont accablés,
Sans qu’aucun les soulage;

7. Au fort de leur misère
Implorant le Seigneur,
Il calme sa colère,
Et leur rend sa faveur;
Il vient les retirer
De leurs mortelles peines;
Il vient les délivrer
De leurs pesantes chaînes.

8. Que par reconnaissance,
En pleine liberté,
Ils chantent sa puissance,
Et sa grande bonté.
Il ouvre de sa main
Les prisons les plus fortes,
Rompt le fer et l’airain
Des grilles et des portes.

9. Ceux qui sont à leurs vices
Follement attachés,
qui souffrent les supplices
Qu’attiraient leurs péchés,
Malades, en danger
De perdre la lumière,
Abhorrant le manger,
Près de l’heure dernière;

10. Qu’au Seigneur ils présentent
Une ardente oraison,
Les maux qui les tourmentent
Auront leur guérison;
Et les jours et les nuits,
Lui-même il les console;
Il calme leurs ennuis
D’une seule parole.

11. Qu’ainsi donc on les voie,
Rétablis en santé,
Célébrer avec joie
Sa divine bonté;
Qu’ils offrent au Seigneur
Leur vie en sacrifice,
Vouant à son honneur
Leur fidèle service.

PAUSE 2

12. Ceux qui pour des voyages
Montent sur les vaisseaux,
Qui malgré les orages,
Trafiquent sur les eaux;
Ceux-là savent de Dieu
Les œuvres merveilleuses,
Quand ils sont au milieu
Des vagues périlleuses.

13. Les vents, dès qu’il l’ordonne,
Font soulever les flots,
Et leur fureur étonne
Les hardis matelots.
Le vaisseau monte aux cieux;
Il retombe aux abîmes,
Alors les vicieux
Se reprochent leurs crimes.

14. À la crainte ils se livrent;
On les voit chancelants,
Tels que ceux qui s’enivrent,
Et qui perdent le sens,
Mais si, dans ce danger,
Ils font à Dieu leur plainte,
Dieu vient les dégager,
Et fait cesser leur crainte;

15. Il impose silence
À ces vents irrités,
Calme la violence
De ces flots agités.
L’orage retiré,
La peur cède à la joie,
Quand au port désiré
Le Seigneur les envoie.

16. Alors sur le rivage,
En toute sûreté,
Ils lui rendent hommage,
Et chantent sa bonté;
Au peuple curieux,
Au conseil de plus sages,
Du Monarque des cieux
Ils vantent les ouvrages.

17. Des eaux les plus profondes,
Il découvre le lit,
Et des sources fécondes
Le cours il divertit.
Pour punir les méchants,
Il renverse leurs villes;
Et des fertiles champs,
Fait des sables stériles.

18. Dans les arides plaines,
Il fait sourdre les eaux;
Y forme des fontaines,
Et des fleuves nouveaux,
Là même on voit venir
Des troupes affamées,
Qui, pour s’y maintenir,
Font des villes fermées.

19. Les champs, par leur culture,
Paraissent se hâter
De rendre avec usure
De quoi les contenter.
Dieu bénit leur travail;
Et sa grâce abondante
Fait croître leur bétail,
Et leur richesse augmente.

20. Mais, lorsque sa colère
Vient frapper le pécheur,
On voit que la misère
Suit de près son bonheur.
Il abat les plus grands,
Les chasse, et les envoie
Errer à travers champs,
Et sans guide, et sans voie.

21. Les pauvres il délivre
De leur pressant ennui,
Les garde, et les fait vivre
Comme un troupeau sous lui.
À louer ses hauts faits,
Que le sage se plaise;
Que confus à jamais
L’incrédule se taise.

22. Que le juste, sans cesse,
Médite dans sons cœur
La bonté, la sagesse
De leur divin auteur.